(traduction française de http://www.novusordowatch.org/story092105.htm)

Commentaires
sur l'interview de Mgr Fellay

Le 21 September 2005
La suite est le texte original d'une interview de Mgr Fellay, Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X), comme elle apparaît sur http://www.dici.org/actualite_read.php?id=1025
nous avons inclus nos commentaires en rouge dans le texte.

INTERVIEW DE MONSEIGNEUR FELLAY CONCERNANT SA RENCONTRE AVEC LE PAPE BENOIT XVI
D.I.C.I.: Monseigneur, vous avez demandé au pape Benoît XVI une audience qui a eu lieu le 29 août dernier. Quel était le sens de votre démarche ?
Monseigneur Fellay: Mgr Fellay : Nous avons souhaité rencontrer le Saint-Père parce que nous sommes catholiques et que, comme tout catholique, nous sommes attachés à Rome. En demandant cette audience nous voulions montrer que nous sommes catholiques. Tout simplement. Ceci est vrai si l'on s'en arrête là, mais évidemment, Monseigneur Fellay doit, si il croit que Benoît XVI est le vrai pape, lui être soumis et non lui accorder une simple primauté d'honneur, sous laquelle il se déclare soumis pour la forme mais ignore et rejette tout ce dont il est en désaccord, même si ces désaccords sont fondés sur l'enseignement et les lois de l'Eglise. On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre. Si Benoît XVI est le pape, il a alors pleine et suprême juridiction sur l'Eglise entière, et ses lois universelles et son enseignement du magistère ne peuvent être soumis à la révision de personne.
Notre reconnaissance du pape ne se limite pas seulement à la mention de son nom au canon de la messe par tous les prêtres de la Fraternité Saint Pie X. Il est normal que nous marquions notre déférence en tant que catholiques romains. Catholique veut dire universel, et le Corps mystique de l'Eglise ne se réduit pas à nos chapelles.
Il y a également de notre part le dessein de rappeler au nouveau Souverain Pontife l'existence de la Tradition ; . Ceci est hilarant. Rappeller au pape (dans l'esprit de Mgr Fellay) la relifgion catholique ? N'est-ce-pas une affirmation de la part de Mgr Fellay de ce que la plupart des gens de la FSSPX savent déjà, à savoir que Benoît XVI n'est pas catholique ?le souci de lui rappeler que la Tradition c'est l'Eglise et que nous incarnons de façon tout à fait vivante la Tradition de l'Eglise. Nous voulons montrer que l'Eglise serait plus forte dans le monde d'aujourd'hui si elle maintenait la Tradition. puisque la Tradition est lle catholicisme, et que la nouveauté est l'erreur, Mgr Fellay est en train de dire que l'Eglise catholique serait beaucoup plus forte si elle étaot catholique (au lieu de moderniste). Qu'est ce que c'est que cette notion de l'Eglise ? Est-ce que la véritable Eglise n'est pas catholique, Mgr Fellay ? Si la Nouvelle Eglise n'est pas catholique, alors ce n'est pas l'Eglise catholique. L'Eglise catholique ne peut-être que traditionnelle. L'Eglise catholique ne peut ni devenir moderniste ni perdre la Tradition qui est son identité. Ainsi nous souhaitons apporter notre témoignage : si l'Eglise veut sortir de la crise tragique qu'elle traverse, la Tradition est une réponse, voire la seule réponse à cette crise.
D.I.C.I.: Comment s'est déroulée cette audience ?
MONSEIGNEUR FELLAY::L'audience a eu lieu dans la résidence d'été des papes à Castel Gandolfo. Prévue à 11 h 30, elle a débuté effectivement à 12 h 10 dans le bureau du Souverain Pontife. Celui-ci accorde habituellement une audience de quinze minutes à un évêque. Pour nous cela a duré trente-cinq minutes. Cela signifie, disent les spécialistes du Vatican, que Benoît XVI a voulu montrer l'intérêt qu'il porte à ces questions.
Nous étions quatre : le Saint-Père et le cardinal Castrillon Hoyos, l'abbé Schmidberger et moi. La conversation s'est déroulée en français - contrairement à certaines sources qui annonçaient qu'elle se tiendrait en allemand - ; elle a été conduite par le pape dans une atmosphère bienveillante. Lui-même a énoncé trois difficultés en réponse à la note que nous lui avions fait parvenir un peu avant l'audience. Benoît XVI en avait pris connaissance et il n'a pas été nécessaire de reprendre les points évoqués dans cette note.
Nous y faisions une description de l'Eglise en citant "l'apostasie silencieuse" de Jean-Paul II, "le bateau qui prend l'eau de toute part" et "la dictature du relativisme" du cardinal Joseph Ratzinger, avec en annexe des photos de messes toutes aussi scandaleuses les unes que les autres.
Nous donnions également une présentation de la Fraternité avec des chiffres et diverses réalisations. Nous citions deux exemples d'actions menées par la Fraternité dans le monde actuel et l'attitude invraisemblable des épiscopats locaux à leur endroit : le procès en Argentine qui obtint l'interdiction de la vente des contraceptifs, qui nous vaut le qualificatif de terroristes de la part de l'évêché de Cordoba, et la dénonciation de la gay-pride de Lucerne qui se termina dans une église catholique par un office protestant dans l'indifférence totale de l'évêque.
Enfin nous formulions nos demandes : changer le climat d'hostilité à l'égard de la Tradition, climat qui rend la vie catholique traditionnelle - y en a-t-il une autre ? - à peu près impossible dans l'Eglise conciliaire, Ah, donc c'est une église conciliaire. Attendez, est ce que l'Eglise est catholique ou conciliaire, Mgr Fellay ? Est-ce que Benoît XVI est le pape de l'Eglise catholique ou de l'église conciliaire ? Est-ce qu'une tête peut être la tête de deux corps ? Pouvez-vous être plus clair s'il vous plaît ? Ceci est une ecclésiologie tout à fait nouvelle. Quand nous avons besoin d'un pape alors Benoît XVI est pape. Quand nous avons besoin d'expliquer les faux enseignements,les lois iniques et autres manigances, c'est alors l' “église conciliaire”. Est ce que les catholiques d'aujourd'hui ont besoin d'avoir une double personnalité pour être réellement catholiques ? en donnant une pleine liberté à la messe tridentine, faire taire le reproche de schisme en enterrant les prétendues excommunications, et trouver une structure d'Eglise pour la famille de la Tradition.
D.I.C.I.: Est-il possible de connaître les difficultés soulevées par Benoît XVI ?
MONSEIGNEUR FELLAY:Je peux seulement les évoquer. Dans un premier temps, le Saint Père a insisté sur la reconnaissance effective du pape et l'a reliée à la situation de nécessité invoquée pour le sacre des évêques par Mgr Lefebvre et pour notre activité subséquente.
Ensuite Benoît XVI a précisé qu'il n'y avait qu'une manière d'être dans l'Eglise catholique : c'est d'avoir l'esprit de Vatican II interprété à la lumière de la Tradition, c'est-à-dire dans l'intention des pères du concile et selon la lettre des textes. Oh oui, sans aucun doute, nous avons vu une approche très traditionnelle, depuis 40 ans, des nouveautés de Vatican II. Nous savons pas très bien, par exemple, comment donner une interprétation traditionnelle sur le fait “tout sur terre doit être ordonné à l'homme comme à son centre et à son sommet” (Gaudium et Spes, 12.1). C'est une perspective qui nous effraie passablement...
Enfin il nous faudrait, pense le Souverain Pontife, une structure qui nous convienne pour le rite traditionnel et certaines pratiques extérieures, - sans pour autant nous protéger de l'esprit du concile que nous devrions adopter.
D.I.C.I.: TDICI : Le communiqué du Vatican à l'issue de l'audience parle d'une "volonté de procéder par étapes et dans des délais raisonnables". Que faut-il entendre par cette expression ?
MONSEIGNEUR FELLAY: Le pape n'a pas voulu aborder les problèmes, mais simplement les esquisser. Or il faudra bien, dans un premier temps, répondre à l'exigence du droit de cité de l'ancienne messe pour ensuite aborder les erreurs du concile, car nous y voyons la cause des maux actuels, cause directe et pour une part indirecte.
Bien sûr, nous irons pas à pas. Il faut apporter sur le concile un éclairage différent de celui qui est donné par Rome. Tout en dénonçant les erreurs, il est indispensable de montrer leur suite logique, leur incidence sur la situation désastreuse de l'Eglise aujourd'hui, sans toutefois provoquer une exaspération qui entraînerait une rupture de la discussion. Cela nous oblige donc à procéder par étapes.
A propos des délais raisonnables, il se dit à Rome que des documents pour les communautés rattachées à la Commission Ecclesia Dei sont en préparation, quelque chose de nouveau, du jamais vu encore. "Attendons et voyons !" Il est certain que le pape a la volonté de régler rapidement cette situation.
Pour être tout à fait juste, je voudrais apporter ici une précision. En effet, il faut bien considérer la situation dans laquelle se trouve le pape. Oh, aucun doute maintenant. Benoît XVI a désormais gagné la sympathie de Mgr Fellay ? N'était-ce pas un magazine de la FSSPX dirigée par Mgr Fellay qui publia de sérieuses critiques envers Ratzinger, comme celui-ci. Naturellement, c'était avant le 29 avril, 2005. He is stuck between the progressives on one side and us on the other. Oh, donc Benoît XVI n'est plus un progressiste. Comme tout change rapidement !!! Il est coincé entre les progressistes et nous : s'il vient à libéraliser la messe sur notre seule demande, les modernistes se dresseront en disant que le pape a cédé aux traditionalistes. Ne serait ce pas horrible! Nous apprenions ainsi de Mgr Ricard qu'en 2000, lui-même, le cardinal Lustiger et l'archevêque de Lyon s'étaient précipitamment rendus à Rome pour bloquer toute avance faite à la Fraternité, en brandissant la menace d'une rébellion. Nous savons que les évêques allemands ont agi de la même manière lors des J.M.J. de Cologne : "C'est eux ou nous". Il faut comprendre : "S'ils sont reconnus, nous sortons de l'Eglise et nous faisons schisme".Par conséquent, si j'étais pape, et si ces hommes étaient des évêques catholiques, je leur dirais : "Heureux de vous rencontrer. Vous étiez évêque de ce diocèse. Maintenant allez-vous en et laissez la place pour l'évêque ZZ.” C'est trop fort, le pape est responsible de l'Eglise toute entière. Il peut nommer et virer qui il veut quand bon lui semble. Assurément des “évêques” comme ceux devraient être virés !
De telle sorte que le pape ne pouvait pas, au cours de l'audience, nous donner verbalement l'assurance qu'à l'automne, par exemple, la messe serait libéralisée. Cela ne fait aucun doute, Ratzinger n'est pas responsible ici. Ses sublaternes le tiennent en otage. Lorsqu'il était encore seulement cardinal, c'était Jean-Paul II qui le tenait mains et pieds liés, et maintenant cela serait les évêques allemands. Quand est-ce que ces excuses grotesques cesseront ? Toute promesse de sa part faite à la Fraternité en ce sens l'exposerait infailliblement à la pression exercée par les progressistes. Nous aurions alors recueilli les vues d'un pape contre une majorité d'évêques enclins à la sécession. Mais Mgr Fellay Fellay sait évidemment que ces évêques ne sont pas catholiques. La meilleure chose qui pourrait arriver serait que ces prélats non-catholiques formalisent leur schisme afin qu'ils ne puissent plus tromper les âmes innocentes.. Lisez un article qui est apparu dans un magazine de la FSSPX contant comment ces gens sont soi-disant “catholiques”. Cela n'est pas envisageable dans la débâcle actuelle, même avec la volonté d'une certaine restauration. Pour ma part, je pense que seule une libéralisation limitée sera éventuellement concédée.
D.I.C.I.: La presse s'est fait l'écho de divisions au sein de la Fraternité Saint Pie X. Qu'en est-il précisément ?
MONSEIGNEUR FELLAY: L'annonce de cette audience accordée par le pape a provoqué un véritable tumulte dans les médias. Ils ont fait beaucoup de bruit, tentant de montrer des divisions dans la Fraternité parmi les quatre évêques. Les journalistes ont également propagé les menaces adressées au pape par les progressistes : "Libérer la messe c'est désavouer Paul VI et la réforme liturgique". C'est intéressant de savoir que depuis le 19 Avril 2005, Ratzinger n'est plus un progressiste.
Mais je puis vous affirmer qu'à l'intérieur de la Fraternité Saint Pie X les quatre évêques sont à l'unisson au sujet des rapports avec Rome, et que Mgr Williamson, dont le nom a été cité, n'est pas "sédévacantiste". Les médias n'ont pas d'inquiétude à avoir. Malheureusement pour eux, c'est un hors sujet !
D.I.C.I.: Monseigneur, qu'espérez-vous maintenant ?
Mgr Fellay : Il y a une espérance chez certains cardinaux à Rome de voir la Tradition reconnue. Oui, il serait bon pour l'Eglise catholique qu'elle reconnaisse le Catholicisme. Qu'est ce que c'est que ce charabia ! De qui se moque-ton !!!!! Nous l'espérons également. Nous espérons en particulier une entière libéralisation de la messe, mais cela risque fort de ne pas être pour demain. Nous aurons alors le devoir de faire reconnaître la place de la Tradition dans l'Eglise, en évitant de susciter les mauvaises interprétations que l'on donne d'elle.
Il faudra faire admettre aux autorités romaines que nous ne pouvons suivre sans de sérieuses restrictions l'interprétation que l'on donne du concile et l'oecuménisme tel qu'il est pratiqué. Au fond, ce que nous espérons, c'est de faire comprendre un jour la raison d'être de la Tradition.